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Chemsex et consommation sexualisée

Ce dossier thématique propose un ensemble de lectures, d’outils et de ressources pour mieux comprendre le chemsex et la consommation sexualisée de substances, ainsi que les enjeux qui y sont associés en matière de santé sexuelle, de dépendance, de plaisir, de stigmatisation et d’accès aux services.

Les différentes sections permettent d’explorer les définitions et les portraits du phénomène, les dimensions liées à la sexualité et au plaisir, les modèles théoriques utiles à l’intervention, ainsi que les approches visant à mieux accompagner les personnes concernées. Le dossier rassemble également des ressources complémentaires pour soutenir la réflexion, la pratique clinique et le développement de services adaptés, inclusifs et non stigmatisants.

Ce dossier vise à répertorier des sources fiables et, pour la plupart, accessibles gratuitement afin de promouvoir le savoir sur le thème du chemsex.

Afin de simplifier la lecture et la recherche d’information, les articles, outils et autres documents ont été classés par catégories qui sont présentées ci-dessous. 

Si vous ne parvenez pas à accéder à un document, vous pouvez communiquer avec la Bibliothèque québécoise sur les dépendances (BQD).

L’Institut universitaire sur les dépendances tient à remercier Maxime Blanchette, chercheur régulier à l’IUD, pour la réalisation de ce dossier thématique.

Glossaire des sigles et acronymes utilisés dans ce dossier

1. Définitions et concepts

  • Race, K. (2008). The use of pleasure in harm reduction: Perspectives from the history of sexuality. International Journal of Drug Policy, 19(5), 417-423. 
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    Dans cet article, Race traite de la notion de plaisir, et de son rôle dans les pratiques et discours de réduction de méfaits. Il soutient que le plaisir pourrait être utilisé comme levier d’intervention, plutôt que d’être le sujet de discours moralisateurs ou pathologisants. L’auteur se base, entre autres, sur les écrits de Foucault portant sur l’histoire de la sexualité, qui propose une distinction entre deux modèles théoriques, soit scientia sexualis, le modèle contemporain qui traite du plaisir sous un angle médical et pathologisant, et ars erotica, le modèle ancien, qui considère le plaisir comme un savoir pratique sans objectif moral. C'est d'ailleurs ce modèle qui est utilisé par l'auteur pour des stratégies de réduction des méfaits plus inclusives. Race met en relation ces réflexions avec les pratiques de chemsex, où le plaisir sexuel et l’usage de substances sont intimement liés. Historiquement, ces pratiques ont été le sujet de stigmatisation en lien avec les risques qu’elles impliquent, ne prenant pas en compte les logiques de gestion du plaisir, de sécurité et de risques. Celles-ci consistent en une forme d’agentivité importante à considérer lors de situations de soin. Il propose que la reconnaissance du plaisir comme motivation ainsi que de l’agentivité des usagers permettrait l’adoption de stratégies d’intervention plus pertinentes à ce contexte. En somme, Race propose une approche de réduction des méfaits qui intègre la notion de plaisir, soutenant que l’adoption de celle-ci permettrait des soins plus adaptés à chaque individu et une reconnaissance accrue des pratiques de soins souvent ignorées dans les approches plus classiques. Cette approche pourrait aussi permettre d’offrir des formes de soins de santé plus participatives, moins stigmatisantes et culturellement adaptées.

  • Race, K. (2009). Pleasure consuming medicine: The queer politics of drugs. Duke University Press.
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    Dans ce livre, Race présente une réflexion poussée sur les discours contemporains portant sur l’utilisation de drogues. Il s’intéresse à la présence et à l’influence de l’industrie pharmaceutique sur ceux-ci, plus particulièrement sur les distinctions faites entre les drogues illicites et les drogues licites. Race propose aussi que la prise de drogues, qu’elle soit médicale ou récréative, est poussée par le désir de recréer les capacités d’un corps « normal ». Il poursuit en soulignant la présence de deux principaux types de discours, un se concentrant sur la conformité, alors que l’autre s’intéresse plutôt au concept d’abus.

    Tout au long du livre, Race met en relation ses propos avec la santé sexuelle des hommes gais. Il souligne différents exemples illustrant les idées qu’il avance, entre autres portant sur le rôle de la collectivité et de l’individualité dans la prise de drogues médicales et récréatives. Race traite finalement des prises de risques individuelles et de leurs effets sur les pratiques de santé publique.

  • Stuart, D. (2013). Sexualised drug use by MSM: background, current status and response. HIV Nursing, 13(1), 6-10.
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    Dans cet article, Stuart dresse un portrait de l’utilisation de drogues dans un contexte sexualisé chez les gbHARSAH à Londres, en 2013. Une augmentation marquée de l’utilisation de la méthamphétamine, de méphédrone et de GHB/GBL dans cette communauté est rapportée, ces drogues ayant d’ailleurs pour effet d’augmenter la libido, la confiance en soi et de diminuer l’inhibition sexuelle. Plusieurs données et statistiques sont présentées dans l’article afin d’illustrer cette situation. Celles-ci portent sur le type de drogues utilisées, les contextes d’utilisation, la proportion de la population concernée, les méthodes de consommation et la prévalence d’hépatite C. Parmi les données, on souligne que 75 % des hommes gais faisant l’usage de drogues en contexte sexuel sont séropositifs au VIH, que 60 % d’entre eux rapportaient ne pas avoir adhéré à une thérapie antirétrovirale lorsqu’ils étaient sous l’influence de drogues et 90 % d’entre eux attribuent leur diagnostic d’hépatite C à l’utilisation d’alcool ou de drogues. Stuart rapporte ensuite les différents obstacles pouvant mener ces hommes à ne pas faire appel aux ressources disponibles, notamment la présence de stigmatisation, la honte, la confusion, le jugement perçu et l’ignorance. Une certaine ambivalence par rapport au changement est aussi présente chez cette population, ce qui diminue les chances d’adhérence aux traitements. Trois grandes catégories de besoins sont rapportées à la suite de cette analyse, soit le besoin de formations professionnelles et de techniques d’intervention pour le personnel médical et psychosocial concerné, le besoin d’amélioration dans les communications avec les patients, ainsi que le besoin de partenariat entre les différents points de service. En somme, cet article rapporte que l’usage sexualisé du crystal meth, de la méphédrone et du GHB/GBL représente une menace majeure pour la santé et le bien-être des HARSAH, les comportements sexuels et l’usage de drogues étant plus liés que jamais dans l’histoire du VIH.

  • Stuart, D. (2016). A chemsex crucible: the context and the controversy. Journal of Family Planning and Reproductive Health Care, 42(4), 295-296.
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    Dans ce court article, Stuart discute de la nature du chemsex comme enjeu de santé publique. Il souligne que celui-ci est intrinsèquement lié à l’avènement de nouvelles technologies facilitant l’accès rapide aux drogues. Il argumente ensuite qu’il est encore trop tôt, dans l'histoire de ce phénomène, pour pouvoir déterminer sa prévalence au sein de la communauté gaie. Stuart poursuit en mettant en lien avec la stigmatisation de celle-ci dans les années ‘80, en lien avec les ITSS, soulignant que cet historique est à prendre en compte, puisqu’il constitue une partie importante de l’histoire de cette communauté. Il conclut en recommandant davantage de recherches sur le sujet, une meilleure formation des intervenants et un dialogue brave visant à comprendre les gbHARSAH pratiquant le chemsex.

  • Stuart, D. (2019). Chemsex: origins of the word, a history of the phenomenon and a respect to the culture. Drugs and Alcohol Today, 19(1), 3-10.
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    Dans cet article, David Stuart revient sur l’origine du terme « chemsex », contraction des mots « chemicals » et « sex », ainsi que sur les raisons qui ont motivé sa création, à partir de son expérience personnelle et professionnelle auprès de milliers d’hommes gais ayant recours à ces pratiques. Il insiste sur la nécessité de comprendre le chemsex à travers les spécificités culturelles et historiques propres aux communautés homosexuelles : la stigmatisation sociale et religieuse, les traumatismes liés à l’épidémie du VIH/sida, et les transformations induites par les applications de rencontres. Ces facteurs influencent profondément le rapport au sexe, au plaisir et à la désinhibition. Loin d’être toujours problématique, le chemsex peut, pour plusieurs, représenter une solution temporaire pour surmonter certaines inhibitions ou difficultés affectives. Stuart critique donc les approches médicales qui cherchent à classifier l’usage comme « problématique » sans tenir compte du vécu des personnes concernées. Une telle attitude nuit à l’accès aux soins et perpétue l’exclusion. Il retrace également l’histoire du mot « chemsex », initialement utilisé dans des cercles restreints d’usagers avant d’être adopté plus largement, notamment dans les milieux de la santé publique. Ce mot a permis à de nombreuses personnes de sortir de l’isolement, de mettre des mots sur leur expérience et de créer des espaces de solidarité et de soutien. Stuart met en garde contre l’appropriation du terme dans des contextes hétérosexuels, ce qui efface les réalités culturelles spécifiques auxquelles il répond. Pour l’auteur, la création du terme chemsex permet, en somme, des réponses communautaires et cliniques sensibles, compétentes et inclusives.

  • Blais, M., Otis, J., Lambert, G., Cox, J. et Haig, T. (2018). Consommation de substances en contexte sexuel chez des hommes gbHSH de Montréal : 2009-2016. Drogues, santé et société, 17(2), 76-94.
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    Dans cet article, les auteurs rapportent les données d’une étude portant sur la consommation de substances en contexte sexuel chez les gbHARSAH de Montréal, entre 2009 et 2016. Les résultats de cette étude, d’ailleurs menée auprès de 2 149 gbHARSAH, se divisent en quatre catégories principales : les caractéristiques des participants, la prévalence de la consommation de substances lors des relations sexuelles avec des partenaires masculins sur une période de trois mois, les tendances longitudinales de la consommation de substances lors d’au moins un rapport sexuel avec des partenaires masculins, 2009-2016 et l’association entre les RAR-VIH et la consommation de substances. Plus de la moitié des participants ont rapporté avoir consommé de l’alcool en contexte sexuel, tandis qu’environ 20 % ont rapporté l’usage de cannabis ou de poppers, et 4 à 8 % celui d’ecstasy, GHB, cocaïne ou médicaments contre la dysfonction érectile. Les substances telles que le crystal meth, le speed, la kétamine et les hallucinogènes ont été moins fréquemment rapportées. Globalement, une diminution de la consommation est observée entre 2009 et 2014-2015, suivie d’une légère hausse jusqu’en 2016, notamment pour les substances associées au chemsex. Les résultats de cette étude confirment finalement l’augmentation de l’occurrence des RAR-VIH en situation de consommation des substances étudiées (deux à dix fois plus élevée).

  • Platteau, T., Pebody, R., Dunbar, N., Lebacq, T. et Collins, B. (2019). The problematic chemsex journey: a resource for prevention and harm reduction. Drugs and Alcohol Today, 19(1), 49-54.
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    L’article vise à distinguer le chemsex de l’utilisation d’autres substances dans un cadre sexuel, ainsi qu’à clarifier les différences entre un usage récréatif et un usage pouvant devenir problématique. Le cadre proposé est tiré de discussions du deuxième European Chemsex Forum. Les auteurs rappellent que le chemsex n’est pas toujours problématique et que certaines personnes parviennent à maintenir un contrôle sur leur consommation. De plus, ils mentionnent que le chemsex problématique n’a pas de définition unique : il se comprend plutôt à partir des impacts négatifs vécus par la personne. L’article schématise une trajectoire comportant des facteurs qui peuvent contribuer au développement de pratiques de chemsex problématique, sans présenter cette trajectoire comme une progression inévitable. Cette trajectoire comprend six moments. Le premier est la solitude et le vide, soit l’isolement, l’anxiété et la faible estime de soi vécue par l’usager. Cette étape peut être facilitée par des évènements de vie difficiles. La deuxième est la recherche de connexion, qui peut s’effectuer via les réseaux sociaux. Ensuite, la connexion sexuelle fait référence au plaisir et à la satisfaction vécue avec un partenaire. Cette étape peut être facilitée par les applications de rencontre. La quatrième étape est celle de la connexion chemsex, là où l’usage de substances peut intensifier les relations sexuelles et lever certaines inhibitions. Cette étape est également facilitée via la gay hookup culture. Ensuite vient le chemsex problématique, soit une perte de contrôle pouvant affecter d’autres sphères de la vie. Finalement, la dernière étape concerne les impacts sévères sur la santé et les conditions de vie, notamment les troubles de santé mentale, la perte d’emploi, les ITSS, le VIH et d’autres conséquences psychosociales. La difficulté du retour aux relations sexuelles sobres et le retour du sentiment de solitude peuvent renforcer l’attachement au chemsex. Chacun de ces moments peut donc constituer une occasion d’intervention et de prévention afin de mieux accompagner les individus dans leur cheminement lié au chemsex.

2. Le chemsex : un portrait

  • Race, K. (2017). Thinking with pleasure: Experimenting with drugs and drug research. International Journal of Drug Policy, 49, 144-149.
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    Dans cet article, Race critique la manière dont la recherche sur l’usage de drogues aborde le plaisir, souvent dans une posture de distance et d’objectivité scientifique. Le plaisir y est fréquemment relégué à l’arrière-plan, traité comme un facteur secondaire ou interprété principalement à travers le prisme du risque et de la pathologie. Race propose plutôt d’adopter une approche consistant à penser avec le plaisir plutôt que sur le plaisir, en le considérant comme une source de connaissance et un élément constitutif de l’expérience étudiée. En s’appuyant sur les travaux de Foucault ainsi que sur les études en sciences et technologies, il soutient que la consommation de drogues peut être comprise comme une forme d’expérimentation permettant d’explorer de nouvelles sensations, relations ou manières d’être. L’auteur suggère également que la recherche elle-même peut être envisagée comme une pratique susceptible de transformer les chercheurs, à condition qu’ils demeurent ouverts à être affectés par leurs objets d’étude. Dans cette perspective, le plaisir n’est plus seulement un phénomène à expliquer, mais devient une ressource permettant de mieux comprendre les pratiques de consommation et de produire de nouvelles connaissances.

  • Aguilar, J. P. et Sen, S. (2013). The Culture of Methamphetamine: Reframing Gay Men's Methamphetamine Use. Journal of Human Behavior in the Social Environment, 23(3), 370-382.
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    Dans cet article, Aguilar et Sen s’intéressent à la consommation de méthamphétamine chez les gbHARSAH. Ils effectuent d’abord une revue de la littérature afin d’exposer les facteurs socio-culturels entrant en jeu chez cette population. Dans cette revue, ils traitent de la méthamphétamine et de sa production, de la prévalence de son utilisation dans la communauté gbHARSAH, de l’initiation à son utilisation, des contextes sociaux et sexuels communs, des comportements à risque lors de la prise de méthamphétamine, ainsi que des conséquences de la consommation de cette drogue. Aguilar et Sen regroupent ensuite ces données en deux principales catégories qu’ils jugent essentielles à comprendre pour les cliniciens travaillant avec cette communauté, soit le contexte individuel et le contexte environnemental. Ils proposent ensuite des lignes directrices pour ces cliniciens.

  • Ahmed, A.-K., Weatherburn, P., Reid, D., Hickson, F., Torres-Rueda, S., Steinberg, P. et Bourne, A. (2016). Social norms related to combining drugs and sex (“chemsex”) among gay men in South London. International Journal of Drug Policy, 38, 29-35.
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    Cet article explore les normes sociales relatives à la pratique du chemsex, chez les hommes gais vivant dans le sud de Londres, explorant ainsi les contextes sociaux et communautaires de celle-ci. Ahmed et ses collègues basent leur analyse sur des données issues d’entrevues individuelles et de focus groups, à partir desquels ils ont effectué une analyse thématique. De ces dernières ressortent quatre grands thèmes. D’abord, ils observent une perception d’ubiquité du chemsex chez leurs participants, qui affirment que ce dernier est très répandu, perception exagérée par rapport aux données réelles. Ensuite, ils s’intéressent aux espaces dans lesquels prennent forme les pratiques de chemsex. Ils poursuivent leur analyse en se penchant sur les normes relatives aux permissions, aux attentes et à l’initiation dans un contexte de sexualité sous l’influence de drogues. Enfin, ils se penchent sur les limites personnelles dans ce type de contexte. En somme, cet article souligne que le chemsex est perçu comme plus répandu qu’il ne l’est réellement, ce qui contribue à entretenir une forme de normalisation de ces pratiques. Les auteurs proposent des pistes d’action en santé publique, et soulignent qu’il n’existe pas qu’une seule scène de chemsex, et que les pratiques et normes peuvent varier d’un sous-groupe à un autre.

  • Lafortune, D., Blais, M., Miller, G., Dion, L., Lalonde, F. et Dargis, L. (2021). Psychological and Interpersonal Factors Associated with Sexualized Drug Use Among Men Who Have Sex with Men: A Mixed-Methods Systematic Review. Archives of Sexual Behavior, 50(2), 427-460.
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    Le but de cette étude est d’analyser les facteurs psychologiques et interpersonnels associés au chemsex chez les HARSAH via une revue systématique mixte. L’analyse qualitative a permis d’identifier six mécanismes principaux favorisant la pratique du chemsex. Ces mécanismes sont les suivants : faire face à des émotions douloureuses ou des évènements stressants ; la normalisation et la minimisation des risques associés au chemsex ; la pression interpersonnelle ou le désir d’appartenance ; la recherche d’intimité ou de connexion émotionnelle ; l’amélioration des performances sexuelles et, finalement, la réduction des inhibitions sexuelles et sociales. L’analyse quantitative a permis d’identifier six autres catégories de variables : le contrôle sexuel et l’auto-efficacité ; le fonctionnement sexuel ; la santé mentale ; les attitudes envers les substances ; les facteurs de stress et le stress internalisé, ainsi que l’identification à des scènes sexuelles. Cette revue systématique mixte permet donc d’apporter une vision du chemsex comme étant une pratique bénéfique à certains égards, mais également une source de risques. Cet article permet également de mieux comprendre les multiples dimensions associées au chemsex, permettant d’améliorer et d’adapter les stratégies d’intervention et de prévention dans ce domaine.

  • Maxwell, S., Shahmanesh, M. et Gafos, M. (2019). Chemsex behaviors among men who have sex with men: A systematic review of the literature. International Journal of Drug Policy, (63), 74-89.
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    Dans cette revue de la littérature, Maxwell et ses collègues rapportent les données de 38 publications portant sur les pratiques de chemsex des gbHARSAH. Ils soulignent que les comportements de chemsex sont des activités pouvant être vues sous l’angle du modèle ABC (antecedent-behaviour-consequence). Ils utilisent donc ce dernier lors de leur analyse afin de faciliter la compréhension globale des résultats par la schématisation de ceux-ci. Ainsi, on retrouve, dans la colonne antécédents, le statut VIH, les attentes par rapport à l’événement et les caractéristiques socio-démographiques. Dans la colonne behaviour, on retrouve des données sur la prévalence, les drogues utilisées, l’injection de drogues, les contextes d’utilisation, les comportements sexuels adoptés et les interventions de réduction des risques biomédicaux. Enfin, dans la colonne conséquence, on retrouve les risques de VIH et ITSS, les impacts possibles sur la santé mentale et les possibles conséquences sur le fonctionnement social. Chacun de ces points est développé plus en profondeur, mettant en relation les résultats des différentes études incluses. En somme, les données indiquent qu’une minorité de gbHARSAH ont des pratiques de chemsex, mais que la pratique de cette activité est liée à l’adoption de comportements à risque. De plus, il y a plusieurs conséquences potentiellement associées à ces pratiques, bien que les données soient insuffisantes concernant celles-ci.

  • Melendez-Torres, G. J., Bonell, C., Hickson, F., Bourne, A., Reid, D. et Weatherburn, P. (2016). Predictors of crystal methamphetamine use in a community-based sample of UK men who have sex with men. International Journal of Drug Policy, 36, 43-46.
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    Dans cette étude, Melendez-Torres et ses collègues identifient les facteurs de risque démographiques et socio-sexuels pour la consommation de méthamphétamine. Les auteurs mettent en contexte l’étude en soulignant que la consommation de cette drogue a été associée par plusieurs études avec des comportements sexuels à risque, faisant de ce sujet une priorité de santé publique. Les résultats démographiques présentés par les auteurs permettent donc de situer la population la plus à risque. Par exemple, ils rapportent que la prévalence de consommation de crystal meth dans la dernière année était plus élevée dans la tranche d’âge de 30-49 ans, et que les gbHARSAH détenant un diplôme universitaire étaient plus à risque que ceux ne détenant pas de qualification. De plus, ils rapportent que les gbHARSAH séropositifs avaient plus de chances de rapporter avoir utilisé de la crystal meth que ceux séronégatifs. L’article confirme que l’utilisation de cette drogue au sein de cette population est beaucoup plus commune à Londres qu’ailleurs au Royaume-Uni. Ils terminent en soulignant que le fait d’avoir des partenaires intimes non réguliers augmentait les chances d’avoir consommé de la crystal meth dans la dernière année. En somme, ils commentent leurs résultats en soulignant que ceux-ci pourraient permettre de viser une population davantage à risque lors de l’application de mesures d’intervention.

  • Weatherburn, P., Hickson, F., Reid, D., Torres-Rueda, S. et Bourne, A. (2017). Motivations and values associated with combining sex and illicit drugs (‘chemsex’) among gay men in South London: findings from a qualitative study. Sexually Transmitted Infections, 93(3), 203-206.
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    Cet article présente les résultats d’une recherche qualitative visant à identifier les valeurs et motivations associées à la pratique du chemsex chez les gbHARSAH du sud de Londres. Weatherburn et ses collègues dégagent celles-ci sous deux grands thèmes motivationnels, dans lesquels s’inscrivent huit motivations plus précises. Les premières quatre motivations s’inscrivent sous le thème providing the capability for the sex that is wanted, et sont l’augmentation de l’excitation et le rétablissement de la libido, l’augmentation de la confiance en soi sexuelle, la perte d’inhibitions et l’augmentation de la durée du sexe. La deuxième thématique, Enhancing the qualities valued in sex, incluait les motivations relatives à l’augmentation de l’attirance sexuelle, l’augmentation des sensations sexuelles, le renforcement de l’intimité émotionnelle et de la connexion sexuelle et la facilitation d’aventures sexuelles. Les auteurs concluent en soulignant que les services offerts à cette population devraient prendre en compte ces motivations lors des interventions, afin d’assurer que celles-ci soient culturellement acceptées et efficaces.

  • Brogan, N., Paquette, D., Lachowsky, N., Blais, M., Brennan, D., Hart, T. et Adam, B. (2019). Résultats canadiens de l’Enquête européenne en ligne sur la sexualité entre hommes (EMIS-2017). Relevé des maladies transmissibles au Canada, 45(11), 298-310.
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    Cette publication rapporte les résultats canadiens de l’EMIS-2017, enquête menée auprès de 5 165 gbHARSAH, notamment en lien avec la prévalence de VIH chez cette population (52,5 % des cas en 2016) et d’autres ITSS. Elle rapporte les caractéristiques sociodémographiques des participants à l’enquête ainsi que de nombreuses statistiques portant sur l’expérience en matière de discrimination, de santé mentale et d’usage de substances, de connaissances et d’utilisation de la prophylaxie postexposition (PEP) et préexposition (PrEP), des relations sexuelles de ces derniers ainsi que le dépistage et le diagnostic d’ITSS. Globalement, ces résultats démontrent des taux élevés d’intimidation et de violence verbale et physique à l’égard de cette population, une présence notable de formes d’anxiété ou de dépression aiguë (25 %), un usage de substances élevé (64,1 %) ainsi qu’une pratique marquée du chemsex (21,5 %). Un écart significatif a été rapporté entre le pourcentage de participants ayant utilisé la PrEP, et celui déclarant qu’ils l’utiliseraient si elle était facilement accessible. Moins de 25 % des participants ont déclaré avoir effectué un dépistage complet d’ITSS au cours des 12 mois précédant l’enquête. En somme, cette publication présente un portrait global des habitudes sexuelles et de consommation des gbHARSAH, au Canada, en 2017.

3. La sexualité

  • Badeau, D. (1998). La cinquantaine au masculin en regard de l’expression de la sexualité : pistes pour une intervention sexologique. ContraseXion, 15(1), 5-18.
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    Cet article propose une réflexion sur l’expression de la sexualité chez les hommes dans la cinquantaine, en tenant compte des transformations liées au vieillissement, de l’image corporelle, de l’estime de soi, des relations affectives, des pertes et des transitions de vie. L’autrice aborde également les bénéfices associés à l’activité sexuelle, les obstacles pouvant limiter l’expression de la sexualité et des pistes d’intervention sexologique visant à soutenir une compréhension globale, nuancée et non réductrice de la sexualité.
     

  • Cruz, C., Greenwald, E. et Sandil, R. (2017). Let’s talk about sex: Integrating sex positivity in counseling psychology practice. The Counseling Psychologist, 45(4), 547-569.
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    Le but de cet article est d’encourager les psychologues à adopter une approche sexuellement positive et proactive dans leur pratique clinique, étant donné que les personnes qui consultent l’abordent peu souvent par eux-mêmes par crainte de jugement. Avant de proposer cinq recommandations, les auteurs ont fait le constat d’un manque d’exposition et d’éducation à la sexualité dans le cursus des psychologues, les rendant donc souvent inconfortables à aborder le sujet avec les personnes qu’ils accompagnent. La première recommandation émise par les auteurs est d’explorer ses croyances et attitudes personnelles en lien avec la sexualité. Cela permettrait de développer une posture réflexive et non jugeante et d’explorer ses biais et ses modèles. L’article propose également des questions pour alimenter cette réflexion personnelle. La deuxième recommandation est de développer ses connaissances et son confort. Cela implique d’aller chercher soi-même de l’information par des lectures ou des conférences, de demander du mentorat spécifique, et de distinguer confort, compétence et éthique. Ensuite, les auteurs proposent d’intégrer le multiculturalisme et la justice sociale dans la pratique sexuelle positive. Cela implique de se questionner sur ses biais implicites sur divers sujets, outre la sexualité et de reconnaître les intersections entre sexualité et identités. L’article propose plusieurs questions en annexe pour explorer ses biais. Ensuite, la prochaine recommandation est d’aborder activement la sexualité en thérapie, que ce soit dans les formulaires administratifs, les profils professionnels sur le web, ou avec des questions dès la première séance. Finalement, les auteurs recommandent de connaître ses limites, soit savoir quand ne pas aborder la sexualité, savoir quand orienter une personne vers un·e collègue, ou encore faire la distinction entre information thérapeutique pertinente et interrogations personnelles. Ces recommandations permettraient donc aux psychologues d’intégrer une approche sexuellement positive et de développer leur compétence dans le domaine.

  • Florêncio, J. (2023). Chemsex cultures: Subcultural reproduction and queer survival. Sexualities, 26(5-6), 556-573.
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    Dans cet article, Florêncio souhaite apporter une nuance au discours pathologisant et négatif des médias vis-à-vis de la pratique du chemsex. Il explore les origines historiques de la consommation de drogues au sein de la communauté queer et amène un point de vue politique et culturel à cette pratique en démontrant une contradiction entre le discours moralisateur de la collectivité et le contexte néolibéral de la société. Florêncio s’appuie sur des figures telles que Michel Foucault, Kane Race et Toby Seddon afin d’alimenter ses réflexions. Il affirme que la vision négative du public par rapport à la consommation de drogues n’est pas par rapport à la drogue elle-même, mais bien par rapport aux contextes culturels de consommation. L’auteur, tout en ne voulant pas exclure ou réduire les effets potentiels négatifs de la drogue, tente d’en faire valoir les valeurs positives. Il mentionne ainsi la pédagogie subculturelle, soit une transmission et un partage de connaissances entre les membres de la communauté queer. Il évoque également une technologie de soi, c’est-à-dire une façon pour les usagers de façonner leur subjectivité et d’explorer leur sexualité. De plus, il énonce l’apport à la transformation identitaire que certains peuvent en retirer. Pour lui, le chemsex peut donc être une pratique de soin, de solidarité et de survie pour une communauté déjà plus ignorée et stigmatisée dans la société. Florêncio aborde également le concept d’imaginaire du chemsex. L’auteur rapporte également l’impact du discours négatif collectif et législatif de la drogue au sein de la « war on drugs », entraînant ainsi une stigmatisation et un déni culturel, ainsi qu’un déni de la conception personnelle des utilisateurs.

  • Treloar, C., Hopwood, M., Drysdale, K., Lea, T., Holt, M., Dowsett, G. W., Aggleton, P. et Bryant, J. (2021). Stigma as understood by key informants: A social ecological approach to gay and bisexual men's use of crystal methamphetamine for sex. International Journal of Drug Policy, 94, 103229.
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    Dans cet article, les auteurs ont consulté plusieurs acteurs communautaires et de santé en Australie afin d’avoir une idée claire de la stigmatisation envers les hommes gais et bisexuels consommant du crystal meth, dans le but de déployer des efforts visant la réduction de cette stigmatisation. La recherche se base sur un modèle écologique social comprenant cinq niveaux : individuel, réseaux sexuels et sociaux, communautaire, politiques publiques et épidémique en contexte de VIH. Pour le niveau individuel, il a été rapporté que le crystal meth est utilisé par les hommes gais et bisexuels afin de diminuer les effets d’une stigmatisation intériorisée en lien avec l’orientation sexuelle, le statut VIH ou encore, la consommation de drogues injectables en soi. Ensuite, pour le niveau des réseaux sexuels et sociaux, l’article évoque que la stigmatisation s’explique en partie par une hiérarchie perçue entre les drogues. En effet, certaines substances, comme le crystal meth, franchiraient une limite morale, contrairement à d’autres substances ou modes de consommation. Cette stigmatisation entraînerait une division au sein de ces réseaux, entraînant donc une sous-communauté d’usagers de crystal meth. De plus, au niveau communautaire/organisationnel, l’article évoque que les services de santé sont perçus par les usagers comme étant peu accueillants et jugeants, rendant difficile l’ouverture des participants. Toutefois, l’article rapporte que l’approche par les pairs est un outil fort pertinent pour des interventions de réduction des méfaits. Pour ce qui est du niveau de politique publique, l’article mentionne que les campagnes médiatiques contre les drogues sont perçues comme étant peu utiles, moralisatrices, et renforcent l’exclusion. Les organismes communautaires éprouveraient un certain malaise à les contester, étant donné leur propre financement par le gouvernement. Finalement, le niveau épidémique relève que l’utilisation de crystal meth est plus prévalente chez les individus séropositifs, souvent en réponse à l’isolement et la stigmatisation. L’utilisation du modèle écologique social permet donc d’observer qu’il y a plusieurs niveaux de stigmatisation, tous interreliés. L’article souligne donc l’importance d’agir à tous ces différents niveaux avec des interventions efficaces, calquées sur la réalité des usagers et non stigmatisantes.

4. Pratiques de chemsex et plaisirs

  • Flores-Aranda, J., Goyette, M., Aubut, V., Blanchette, M. et Pronovost, F. (2019). Let’s talk about chemsex and pleasure: the missing link in chemsex services. Drugs and Alcohol Today, 19(3), 189-196.
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    Le but de cette recherche est de documenter l’expérience des gbHARSAH qui ont consommé, ou consomment présentement de la métamphétamine dans un contexte sexuel, ainsi que leur expérience avec les services de santé liés à leur pratique. Cette analyse qualitative fut menée à Montréal dans le cadre du projet Meth@morphose. Quatre thèmes en lien avec l’évolution du plaisir associé au chemsex ont pu être relevés. Le premier de ces thèmes est le plaisir associé aux pratiques sexuelles. Cela fait référence à l’euphorie, à la désinhibition et à l’intensité ressentie lors des relations sexuelles sous substance. Le deuxième est le plaisir lié à la relation à soi et aux autres. Cela peut se traduire par une acceptation de son identité et de son orientation sexuelle, par une amélioration de son estime de soi ou encore par un sentiment d’appartenance à une communauté. Ensuite, le plaisir lié à l’injection a aussi été soulevé. Cette pratique est décrite comme étant un plaisir d’une très grande puissance, parfois empreint d’ambivalence et de peur. Finalement, le dernier thème évoqué est celui de la diminution du plaisir et les conséquences associées. La perte de contrôle dans différentes sphères de la vie, le deuil d’une sexualité vécue à travers le chemsex et le manque de services adaptés sont englobés sous ce thème. Les auteurs proposent donc d’intégrer la notion de plaisir dans les services de santé sexuelle et de dépendances, afin de mieux accompagner les personnes concernées dans leur cheminement de consommation ainsi que pour améliorer les campagnes de prévention.

  • Milhet, M., Shah, J., Madesclaire, T. et Gaissad, L. (2019). Chemsex experiences: narratives of pleasure. Drugs and Alcohol Today, 19(1), 11-22.
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    Dans cet article, les auteurs explorent les dynamiques de plaisir reliées au chemsex chez les gbHARSAH en France, afin de mieux comprendre ceux qui y participent et d’améliorer l’approche des professionnels de la santé envers ces individus. Au cours de leur analyse, les auteurs ont relevé trois dimensions du plaisir. La première est celle de l’amour et du lien romantique. Cette dimension fait référence à plusieurs participants qui recherchent une connexion intime et amoureuse lors de la consommation, facilitant la création d’un lien affectif avec d’autres individus. La deuxième dimension rapportée dans l’article est celle de la socialisation. Pour plusieurs, le chemsex est une occasion de rencontrer des gens de différents milieux et classes sociales, créant un espace sans barrières sociales. Finalement, la dernière dimension est celle du corps et de l’esprit. L’article indique que celle-ci permet aux participants d’exercer un plus grand lâcher-prise, d’explorer leur sexualité et leur identité, ainsi que de soulager des tensions intérieures. Toutefois, les auteurs soulèvent l’ambiguïté liée à ces plaisirs. En effet, l’article répertorie que certains peuvent avoir de la difficulté à éjaculer, peuvent vivre une expérience déshumanisée et plongée dans le consumérisme, et même vivre de la violence sexuelle. De plus, l’article évoque la difficulté à décrire le plaisir ressenti par les participants. Ceux-ci peinent à trouver les mots pour décrire leurs sensations, ou sont retenus par des tabous ou de la stigmatisation intérieure. Cela peut rendre plus difficile le contact avec les professionnels de la santé. Selon l’article, il est donc important de promouvoir et de développer une approche sans jugement et qui inclut l’aspect du plaisir du chemsex. Cela facilitera le dialogue avec les participants et rendra les services plus accessibles et plus attrayants.

  • WAS. (2024). WAS declaration on Sexual Pleasure. World Association for Sexual Health (WAS).
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    The World Association for Sexual Health, ou WAS, est une organisation multidisciplinaire qui regroupe des sociétés scientifiques, des organisations non gouvernementales et des professionnels, tous du domaine de la sexualité humaine. Sa mission est de promouvoir la santé sexuelle tout au long de la vie. Dans cette optique, WAS a rédigé une déclaration sur le plaisir sexuel, structurée en trois sections. La première est une section d’affirmation. WAS affirme que le plaisir sexuel est la satisfaction physique et/ou psychologique dérivée d’expériences érotiques solitaires ou partagées. Elle y affirme aussi la nécessité de plusieurs concepts en lien avec le plaisir sexuel, tels que le consentement, la communication, l’intimité et les droits sexuels. La deuxième section en est une de déclaration. WAS fait plusieurs déclarations, que ce soit par rapport à la place que prend le plaisir sexuel dans la vie de chacun, les droits sexuels, la place que devrait avoir le plaisir sexuel dans diverses sphères de la société et du monde et l’impact du plaisir sexuel sur la santé globale. Finalement, la dernière section en est une de recommandations et de demandes. WAS exhorte les gouvernements, les institutions, les médias et la société en général à promouvoir le plaisir sexuel et les droits sexuels par le biais de lois et politiques et d’assurer une éducation sexuelle inclusive. Elle leur recommande aussi de fournir des services de santé sexuelle accessibles, sécuritaires et sans jugement. Finalement, elle les invite aussi à favoriser la recherche scientifique sur le plaisir sexuel et à réaffirmer la reconnaissance du plaisir sexuel diversifié par des pratiques, politiques et actions collectives.

5. Théories et modèles utiles

  • Meyer, I. H. (2003). Prejudice, Social Stress, and Mental Health in Lesbian, Gay, and Bisexual Populations: Conceptual Issues and Research Evidence. Psychological Bulletin, 129(5), 674-697.
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    Dans cet article, Meyer s’intéresse à la prévalence plus élevée des troubles de santé mentale chez les personnes LGB. L’auteur explique cette plus haute prévalence en fournissant un modèle regroupant plusieurs facteurs qui engendreraient une augmentation des troubles de santé mentale dans cette communauté. Il y aborde ainsi le concept de stress minoritaire, un stress spécifique à la minorité sexuelle des personnes LGB, ce qui les expose davantage à des facteurs tels que le rejet, les préjugés, la dissimulation de leur orientation sexuelle ou encore une homophobie intériorisée. Il caractérise ce stress minoritaire comme étant unique, chronique et socialement enraciné. Il fait aussi une distinction entre les évènements distaux, soit des évènements objectifs dans la vie d’une personne, et les évènements proximaux, qui sont des processus internes chez la personne. Il conduit également une méta-analyse pour prouver la prévalence accrue de troubles de santé mentale chez les personnes LGB. Meyer souligne également le rôle des facteurs de protection et de résilience, notamment les ressources personnelles et communautaires ainsi que les effets positifs du coming out, dans l'atténuation du stress minoritaire vécu par cette communauté.

  • Halkitis, P. N., Wolitski, R. J. et Millett, G. A. (2013). A holistic approach to addressing HIV infection disparities in gay, bisexual, and other men who have sex with men. American Psychologist, 68(4), 261-273.
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    Dans cet article, les auteurs proposent une nouvelle vision du traitement et de la prévention du VIH chez les hommes, soit une vision holistique. Ils abordent le concept de syndémie, soit l’interconnexion entre le VIH et d’autres problèmes vécus par ces hommes, soit les troubles psychologiques, les troubles d’usage de substances, la stigmatisation et la discrimination. Les auteurs soutiennent que ces enjeux se renforcent mutuellement, d’où la nécessité d’agir avec une approche plus large quand il est question de VIH. Ils abordent les facteurs biologiques, comportementaux, psychosociaux et structurels liés au VIH. Ils mentionnent donc l’importance d’intégrer toutes ces dimensions lors d’interventions communautaires, structurelles et éducatives. Ils finissent par des suggestions pour la prévention future qui englobent l’approche holistique, telles que la combinaison de technologies biomédicales, d’interventions comportementales et de réformes structurelles, ou encore les politiques publiques inclusives, afin d’avoir des stratégies adaptées aux différents enjeux vécus par cette population.

  • Arthur, N. (2018). Culture-Infused Counselling: Contexts, Identities, and Social Justice. Dans N. Arthur (dir.), Counselling in Cultural Contexts: Identities and Social Justice (p. 29-62). Springer International Publishing.
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    Dans ce texte, Arthur traite de la compétence multiculturelle et de la culture-infused counseling (CIC). Elle présente ce modèle comme un cadre qui intègre la culture et la justice sociale, contrairement aux cadres de compétence multiculturelle traditionnels. L’auteure décrit la compétence multiculturelle comme un processus continu de réflexion personnelle, de compréhension des identités culturelles et de prise en compte des injustices sociales. Le modèle présenté comporte quatre domaines de compétences, qui sont l’identité culturelle de la personne accompagnée et du conseiller ou de la conseillère, leurs positions sociales, l’alliance thérapeutique culturellement réactive et le processus de changement culturellement et socialement juste. Arthur mentionne aussi que la posture du conseiller dans ce modèle est celle de coapprenant, d’où l’importance de l’écoute active et de la curiosité culturelle. L’auteure aborde aussi le concept d’intersectionnalité et de la flexibilité au sein de l’alliance thérapeutique. L’article présente aussi un audit culturel, soit un outil comportant treize points de réflexion pour guider la pratique. L’auteure insiste sur le fait que la justice sociale est au cœur du modèle CIC. Cela implique que ce cadre vise à changer les systèmes, et que le conseiller n’est donc pas neutre, mais plutôt un acteur de changement social. Arthur termine en invitant le lecteur à se questionner sur son apport à la justice sociale et comment y contribuer davantage, en soulignant au passage l’importance des petites actions individuelles.

  • Foronda, C., Baptiste, D.-L., Reinholdt, M. M. et Ousman, K. (2016). Cultural humility: A concept analysis. Journal of Transcultural Nursing, 27(3), 210-217.
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    Dans ce chapitre, les auteurs ont cherché à approfondir le concept d’humilité culturelle et à fournir une définition du terme. À la suite de la revue d’une soixantaine d’articles sur le sujet, cinq attributs de l’humilité culturelle ont été relevés, le premier étant l’ouverture. L’article décrit cet attribut comme étant une attitude volontaire à explorer de nouvelles idées. Un individu doit donc être ouvert d’esprit et ouvert à une interaction avec une culture différente de la sienne. L’article énonce ensuite que le deuxième attribut est la conscience de soi, c’est-à-dire la conscience de ses forces, faiblesses, limites, valeurs et croyances. Ensuite, le troisième attribut mentionné est l’absence d’égo. Selon l’article, un individu doit donc faire preuve d’humilité et doit reconnaître la valeur égale de tous. Le quatrième attribut rapporté est l’interaction bienveillante, soit des échanges humains positifs. Finalement, le dernier attribut répertorié est celui de la réflexion et de l’autocritique. L’article rapporte que cela est un processus en lien avec ses actions et ses pensées, et est décrit comme étant un cheminement continu et sans fin. L’article aborde aussi le concept d’antécédents, soit des situations qui précèdent l’exemple d’humilité culturelle. Dans ce cas-ci, l’article relève des antécédents de diversité et de déséquilibre de pouvoir. Le concept de conséquence est également soulevé dans le texte, soit le résultat de l’atteinte de l’humilité culturelle. L’article évoque donc l’autonomie mutuelle, le respect, des partenariats équitables, des soins optimaux et un apprentissage continu comme conséquences de l’humilité culturelle. Les auteurs ont également répertorié des antonymes de l’humilité culturelle afin de mieux comprendre ce concept. Des termes tels qu’oppression, intolérance, discrimination ou encore hostilité, parmi d’autres, ont été nommés. Les auteurs ont ensuite utilisé un cas modèle dans l’article afin d’illustrer plus facilement le concept d’humilité culturelle. La définition finale de l’humilité culturelle énoncée par l’équipe de recherche est la suivante : « In a multicultural world where power imbalances exist, cultural humility is a process of openness, self-awareness, being egoless, and incorporating self-reflection and critique after willingly interacting with diverse individuals. The results of achieving cultural humility are mutual empowerment, respect, partnerships, optimal care, and lifelong learning » (p. 213). Finalement, l’article rapporte qu’une meilleure compréhension de l’humilité culturelle servira à mieux accompagner les équipes de soins afin d’offrir un environnement inclusif et optimal.

  • Rosenblatt, P. C. (2016). Cultural competence and humility. Dans D. L. Harris et T. C. Bordere (dir.), Handbook of social justice in loss and grief exploring diversity, equity and inclusion (p. 67-74). Routledge.
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    Dans cet article, Rosenblatt traite de l’humilité et de la compétence culturelle dans un contexte d’intervention psychologique. Il aborde d’abord, avec un témoignage pour appuyer son sujet, la justice sociale et le deuil. Il mentionne que ces deux sujets sont souvent entremêlés, et qu’en ignorer un ou l’autre ne permettrait pas une empathie authentique. L’auteur relève aussi l’importance de différencier la posture d’expert versus la posture d’humilité. L'auteur souligne que la posture d'expert peut parfois reproduire des rapports de pouvoir et limiter la compréhension de l'expérience vécue par la personne. Rosenblatt préfère personnellement utiliser l’approche d’humilité. Cette approche lors des entretiens se traduit par une attitude d’ouverture et d’écoute. L’auteur rapporte aussi que cela implique de ne pas imposer ses propres interprétations à son interlocuteur, puisqu’il pourrait ne pas percevoir ses propres expériences comme des enjeux de justice sociale. L’article évoque cependant les risques associés à la compétence culturelle, soit les stéréotypes et l’illusion de maîtrise, d’où la nécessité de s’adapter et de voir chaque interaction comme étant unique. L’auteur aborde aussi les caractéristiques nécessaires à l’humilité, soit reconnaître ses limites, de mettre de côté son égo et être ouvert à ce que l’autre veut exprimer. Il mentionne que les personnes occupant une position de privilège doivent porter une attention particulière aux angles morts que cette position peut engendrer. L'auteur souligne également que l'humilité peut être difficile à adopter, puisqu'elle exige de reconnaître les limites de ses connaissances et de remettre continuellement en question ses propres présupposés. Il précise toutefois que cette posture ne consiste pas à renoncer à son expertise, mais plutôt à l'exercer avec ouverture et dans une démarche d'apprentissage auprès de l'autre. Rosenblatt insiste sur le fait que les actes d’humilité sont nécessaires, malgré les rejets possibles.

6. Interventions

  • Stuart, D. et Weymann, J. (2015). ChemSex and care-planning: One year in practice. HIV Nursing, 15(2), 24-28.
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    Dans cet article, les auteurs rapportent les données de leur première année de recherche auprès d’hommes fréquentant une clinique de santé sexuelle (ou clinique GUM/HIV), et fournissent également un exemple de plan de soins pour les personnes concernées. Les auteurs débutent en abordant le contexte et l’émergence du chemsex au Royaume-Uni et son impact sur la santé sexuelle, d’où la nécessité des services des cliniques GUM/HIV. C’est ainsi qu’est née la clinique du 56 Dean Street, à Londres, qui est une clinique visant à venir en aide aux personnes concernées par le chemsex. Les chercheurs rapportent ensuite les données résultant de la première année de cette clinique, soit des statistiques sur les comportements des personnes, leur statut de VIH et d’hépatite C et des données sur l'injections de drogues. Les auteurs proposent ensuite un plan de soins afin d’accompagner les personnes dans leur changement de comportement. Cet outil permet d’analyser le contexte de consommation et de fournir un objectif de réduction ou de contrôle de la consommation atteignable, accompagné de stratégies adaptées. L’article fournit une analyse de cas pour illustrer la pertinence de l’outil. Les chercheurs terminent en mentionnant l’impact positif des cliniques GUM/HIV dans le contexte de cette épidémie et la nécessité d’accompagner adéquatement ces personnes vers une meilleure santé sexuelle.

  • Pakianathan, M., Whittaker, W., Lee, M., Avery, J., Green, S., Nathan, B. et Hegazi, A. (2018). Chemsex and new HIV diagnosis in gay, bisexual and other men who have sex with men attending sexual health clinics. HIV Medicine, 19(7), 485-490.
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    Dans cet article, les auteurs ont voulu analyser, par une étude rétrospective, les liens entre la pratique du chemsex et les nouveaux diagnostics de VIH et d’ITSS chez les gbHARSAH fréquentant des cliniques de santé sexuelle à Londres. Les chercheurs présentent ainsi les données recueillies lors de cette étude, soit des statistiques sur les caractéristiques des participants, la prévalence du chemsex, le lien avec le VIH et les comportements sexuels à risque. Ils évoquent le lien entre le chemsex, les comportements sexuels risqués et l’incidence élevée du VIH.  Les effets désinhibiteurs et prolongés des drogues, ainsi que les pratiques sexuelles traumatiques, pourraient avoir un impact et faciliter la transmission du VIH. Les auteurs mentionnent donc l’importance d’incorporer l’évaluation du chemsex lors des consultations de santé sexuelle, de développer des parcours de soins intégrant diverses méthodes de prévention, de réduction des méfaits et de soutien psychosocial.

  • Hegazi, A. et Pakianathan, M. (2018). LGBT sexual health. Medicine, 46(5), 300-303.
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    Dans cet article, les auteurs explorent la santé sexuelle des personnes issues de la communauté LGBT. Ils abordent les inégalités en matière de santé sexuelle, de santé mentale et d’usage de substances auxquelles cette communauté est confrontée, et montrent comment l’interaction de ces enjeux peut contribuer à une syndémie, augmentant ainsi la vulnérabilité des personnes concernées. Les chercheurs abordent aussi les facteurs structurels et sociaux ayant un impact sur la santé sexuelle LGBT, tels que la criminalisation de l’homosexualité, la stigmatisation et la discrimination. L’article rapporte aussi plusieurs données sur la santé sexuelle des gbHARSAH, établissant donc leur vulnérabilité accrue aux ITSS et la prévalence élevée du chemsex chez cette population. L’article évoque aussi le chemsex, son contexte de pratique et les problèmes de santé associés. La santé sexuelle des personnes transgenres est également abordée par l’identification de facteurs de risque spécifiques. Pour ce qui est de la santé sexuelle des femmes lesbiennes et bisexuelles, l’article évoque des problématiques telles qu’un risque accru de certains problèmes de santé et d’un faible taux de dépistage du cancer du col. Les auteurs recommandent notamment de créer un environnement clinique inclusif et sécuritaire, de recueillir une histoire sexuelle complète sans présumer de l’orientation sexuelle ou des pratiques sexuelles des personnes, et d’offrir des soins adaptés à leurs besoins. La prévention et la réduction des méfaits sont également un aspect important rapporté par la recherche, afin d’aider adéquatement la communauté LGBT à travers ses enjeux de santé sexuelle spécifiques.

  • Blanchette, M., Flores-Aranda, J., Bertrand, K., Lemaître, A., Jauffret-Roustide, M. et Goyette, M. (2024). Sexualized Substance Use Among gbMSM: Their Perspectives on Their Intervention Needs and Counselor Competencies. Journal of substance abuse treatment, 159.
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    Le but de cette étude qualitative descriptive-interprétative est d’identifier les besoins d’intervention reliés à la sexualisation de l’usage de substances chez les gbHARSAH au Québec. À la suite des entrevues semi-dirigées avec les participants, ceux-ci ont relevé trois compétences clés qui seraient bénéfiques aux interventions, soit le savoir, le savoir-faire, et l’attitude. La compétence de savoir se traduit par la connaissance des substances consommées par les personnes, des connaissances spécifiques à la sexualité gbHARSAH ainsi que la connaissance des ressources disponibles. Pour ce qui est du savoir-faire, cela fait référence à la capacité d’offrir des interventions individualisées selon l’approche biopsychosociale, ainsi qu’à l’intégration des personnes accompagnées dans l’élaboration du plan de traitement, en reconnaissant leur savoir expérientiel. Finalement, la compétence d’attitude évoque l’empathie, le respect, l’ouverture ainsi que le soutien actif et personnalisé. Les participants ont également énoncé la difficulté d’accès aux services publics et ses obstacles. L’article aborde également des pistes de solution afin de mieux accompagner les gbHARSAH.

  • Carrico, A. W., Zepf, R., Meanley, S., Batchelder, A. et Stall, R. (2016). When the party is over: A systematic review of behavioral interventions for substance-using men who have sex with men. Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes, 73(3), 299-306.
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    Dans cette étude, les chercheurs ont réalisé une revue systématique des essais contrôlés randomisés évaluant des interventions comportementales visant à réduire les rapports anaux non protégés chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) qui consomment des substances, afin d’en évaluer l’efficacité sur la réduction des comportements à risque et, indirectement, du risque de transmission du VIH. Les auteurs rappellent que les HARSAH qui consomment des substances présentent davantage de comorbidités psychosociales qui interagissent entre elles, formant une syndémie susceptible d’accroître leur vulnérabilité au VIH. Les interventions retenues reposaient sur des principes psychologiques ou comportementaux visant à réduire les rapports anaux non protégés ou la consommation de substances. Les auteurs concluent que plusieurs interventions ont permis une réduction significative des rapports anaux non protégés, particulièrement chez les participants présentant une consommation moins sévère. Certaines ont également réduit ces comportements indépendamment d’une diminution de la consommation de substances. Les résultats demeurent toutefois mitigés en ce qui concerne la réduction de la consommation, tandis que les interventions ciblant explicitement les syndémies ou le développement de la résilience ont montré peu d’effets significatifs. Les auteurs recommandent enfin de développer des interventions davantage adaptées aux besoins des HARSAH qui consomment des substances, ainsi que des approches intégrées tenant compte des dimensions biologiques, comportementales et psychosociales afin de mieux prévenir la transmission du VIH.

  • Gaudette, Y., Flores-Aranda, J. et Heisbourg, E. (2022). Needs and experiences of people practising chemsex with support services: toward chemsex-affirmative interventions. Journal of Men's Health, 1-11.
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    L’objectif de cette étude était d’identifier les besoins d’intervention chez les personnes pratiquant le chemsex et d’en retirer des pistes de solution. L’étude fut conduite au Québec, chez des gbHARSAH consommant ou ayant consommé des métamphétamines ou substances associées. Les besoins identifiés par les participants sont des besoins d’intervention et des besoins communautaires. Les besoins d’intervention se traduisent par l’accès à un espace sécuritaire et sans jugement, l’accès à un soutien psychologique, la reconnaissance du besoin de repos à la suite de périodes de consommation, de l’accompagnement flexible, ainsi qu’un accès à des services de santé sexuelle. Les besoins communautaires, quant à eux, font référence à la création de liens à l’extérieur d’un contexte sexuel et de consommation, au partage d’expériences dans un cadre bienveillant, ainsi qu’au sentiment d’appartenance dans une communauté. Les participants ont également témoigné de leurs expériences avec les services de santé, reflétant ainsi un accès difficile, une crainte du jugement ainsi qu’une abstraction du lien entre la sexualité et la consommation. Les participants soulignent également le rôle important des pairs aidants et l’importance d’une attitude accueillante et d’écoute. Les participants ont également fourni des recommandations pour améliorer les services de santé, que ce soit en variant l’offre de services disponibles ou en formant davantage les personnes intervenantes sur la pratique du chemsex, afin de fournir des ressources plus adaptées aux personnes concernées.

  • Peacock, R. (2023). Encountering sexuality difference: the experiences of person-centered counselors and psychotherapists who self-describe as heterosexual and have worked with lesbian, gay, bisexual and queer clients. Person-Centered & Experiential Psychotherapies, 1-19.
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    L’objectif de cette étude qualitative, basée sur une analyse phénoménologique interprétative, était d’explorer l’expérience de thérapeutes hétérosexuels pratiquant une approche centrée sur la personne auprès de personnes issues de la communauté LGBQ. À la suite d’entretiens semi-structurés réalisés auprès de quatre thérapeutes, quatre grands thèmes ont émergé. Le premier thème, shaping and forming (« se construire et se transformer »), renvoie au fait que les thérapeutes apprennent de l’expérience vécue des personnes qu’ils accompagnent et peuvent parfois ressentir des émotions fortes, comme de la colère ou de l’inconfort, d’où l’importance de la réflexion sur leur pratique. Le deuxième thème, ways of seeing (« façons de voir »), fait référence à une prise de conscience des privilèges hétérosexuels, à une reconnaissance de la marginalisation vécue par les personnes concernées et à une réflexion sur l’impact de l’hétéronormativité. Le troisième thème, witnessing clients (« être témoin de l’expérience des personnes accompagnées »), met en évidence l’importance de l’accueil, du non-jugement et de la création d’un espace favorisant la confiance et la vulnérabilité. Les thérapeutes témoignent également d’une réflexion sur l’influence de leur propre posture thérapeutique. Enfin, le dernier thème, relationships with person-centered theory (« relation avec l’approche centrée sur la personne »), illustre les différentes conceptions qu’ont les thérapeutes de la place de la théorie par rapport à celle de l’expérience vécue dans l’intervention. L’auteure aborde également plusieurs concepts, tels que l’intersectionnalité, le pouvoir, les conditions de valeur et la pluralité des expériences. Elle formule enfin diverses recommandations, notamment renforcer la formation des thérapeutes en matière de diversité sexuelle et de genre et mieux intégrer l’expérience vécue des personnes accompagnées afin de prévenir les microagressions.

  • Turner, G. (2020). The Circles of Sexuality: Promoting a Strengths-based Model Within Social Work that Provides a Holistic Framework for Client Sexual Well-being. Dans A. Mendenhall et M. Mohr Carney (dir.), Rooted in Strengths: Celebrating the Strengths Perspective in Social Work (p. 305-325). University of Kansas Libraries.
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    Le but de cet article est de proposer une approche sexuellement positive et fondée sur les forces afin de mieux intégrer la sexualité humaine dans le domaine du travail social. L’auteur se base beaucoup sur le modèle des cercles de la sexualité de Dennis Dailey dans son approche. Ce modèle comporte cinq cercles principaux, qui sont les cercles de sensualité, intimité, identité sexuelle, reproduction et sexualisation, ainsi qu’un cercle transversal, qui est le cercle des valeurs. Ce modèle propose une approche globale et non pathologisante de la sexualité. Il permet d’explorer les déséquilibres entre les différentes sphères de la sexualité et d’ouvrir les discussions sur divers enjeux, tels que le plaisir, la honte ou les normes sociales. L’auteur prodigue également des recommandations pour les travailleurs sociaux. Il propose premièrement d’opter pour une vision sexuellement positive, épanouie et inclusive, et non seulement centrée sur la peur et la honte. Il énonce également l’importance d’intégrer le plaisir sexuel comme une force afin de favoriser une meilleure santé sexuelle. L’auteur propose également d’adopter une conception plus globale de la sexualité, qui ne se limite pas à l’orientation sexuelle, mais intègre également ses dimensions culturelles, émotionnelles, relationnelles, entre autres. Il évoque également l’importance de renforcer la formation en sexualité humaine dans le cursus en travail social et d’inscrire la justice sexuelle dans une perspective de justice sociale afin de promouvoir les droits sexuels. L’auteur insiste donc sur le rôle clé des travailleurs sociaux en matière de santé sexuelle et propose le modèle des cercles de la sexualité comme cadre conceptuel pour en faciliter l’intégration.

  • AIDS Committee of Toronto (2018). Staying off crystal.
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    Ce guide a été créé par AIDS Committee of Toronto (ACT) et écrit par des hommes de la communauté LGBTQ ayant arrêté la consommation de crystal meth. Ce document est destiné aux HARSAH consommant du crystal meth, aussi appelé Tina, souhaitant réduire ou arrêter leur consommation. Le document présente d’abord des informations de base sur le crystal meth, que ce soit sur ses effets, sa composition, ou encore son statut légal. Le guide procède ensuite à démystifier certains mythes associés à la consommation de crystal meth et les peurs associées à l’arrêt de la consommation. Ensuite, le guide explore et décrit les étapes de sevrage et de rétablissement sur une période de 12 mois, en spécifiant les points positifs et négatifs associés à chaque période, ainsi que des conseils pour faciliter la transition de ces périodes. La sexualité sans consommation est ensuite abordée, avec ses avantages, des conseils et les difficultés appréhendées. Une section sur la rechute et sa prévention y est également présentée. Les signes avant-coureurs ainsi que la distinction entre slip et relapse y sont mentionnés. Des conseils spécifiques pour certaines situations, telles que les couples, les personnes ayant le VIH ou celles qui s’injectent des drogues, sont proposés, ainsi que des stratégies de réduction des méfaits et de réduction progressive. De plus, le guide propose d’identifier ses propres valeurs pour aider à ancrer le changement. Finalement, une section de soutien et de ressources est disponible pour aider davantage ces personnes dans leur cheminement

7. Ressources et lectures intéressantes

  • IUD. (2026). Consommation sexualisée de substances chez les gbHARSAH : leurs perspectives sur leurs besoins d’accompagnement. Les brèves scientifiques de l’IUD, no 1. 4 p.
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    Cette brève scientifique présente les résultats d’une étude québécoise portant sur les besoins d’accompagnement des gbHARSAH pratiquant le chemsex et vivant une consommation de substances problématique. Elle met en lumière l’importance de services intégrés, accessibles et sans jugement, qui tiennent compte des liens entre sexualité, consommation, santé mentale et réalités communautaires.

  • IUD. (2021). Le chemsex en intervention : un aperçu
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    Lien vers les capsules

    Cette page de l’IUD présente une série de capsules informatives visant à sensibiliser les personnes intervenantes au phénomène du chemsex et à les outiller pour aborder ce sujet en intervention. Les capsules proposent une introduction au chemsex, des pistes pour comprendre pourquoi il est parfois peu abordé dans les services, des conseils pour intervenir avec ouverture et des entrevues avec des personnes ayant une expertise clinique ou expérientielle.

  • (2018). Intervention 2.0 : comment arrimer la santé sexuelle et la dépendance par l’intervention en ligne
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    Cette liste de lecture rassemble les vidéos d’une conférence portant sur l’arrimage entre la santé sexuelle, la dépendance et l’intervention en ligne. Les présentations abordent notamment le chemsex, la consommation de substances en contexte sexuel chez les gbHARSAH, les interventions numériques, les services adaptés et les enjeux de prévention, de réduction des méfaits et d’accompagnement.

  • Communauté de pratique Intersexion
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    La communauté de pratique Intersexion réunit les personnes actrices du champ croisé de la sexualité et de la consommation de substances psychoactives afin d’améliorer les compétences d’intervention dans le domaine. 

  • Ça prend un village
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    Des pairs-aidants gais prennent la parole sur le rétablissement de la dépendance au crystal meth.

  • Chemstory
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    Chemstory est une série balado créée par des hommes gais, bisexuels, queers et des personnes non-binaires qui souhaitent partager leurs expériences en lien avec le chemsex.

  • RÉZO
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    RÉZO est un organisme dédié à la promotion de la santé et du bien-être des hommes gais, bisexuels, cis et trans, ainsi que des personnes trans ayant des relations sexuelles avec des hommes. Leurs programmes et services incluent, entre autres, le dépistage des ITSS/VIH en milieu communautaire, des ateliers de groupe, de l’intervention et un programme de soutien pour les personnes exerçant le travail du sexe.

  • AIDS Community Care Montreal (ACCM)
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    ACCM est le seul organisme communautaire de lutte contre le VIH et la santé sexuelle au Québec qui fournit une éducation à la prévention, des informations sur les traitements et des services de soutien aux communautés anglophones et allophones.

  • MonBuzz
    Lien vers la ressource

    MONBUZZ.ca s’adresse aux hommes adultes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. Il est possible d’y faire le bilan de sa propre consommation d’alcool et de drogues et d’examiner les effets possibles sur leur sexualité. Il est aussi possible de clavarder avec un intervenant et d’être orienté vers des ressources adéquates.

  • Interligne
    Lien vers le service
    1 888 505-1010 ou 514 866-0103

    Interligne est un organisme de première ligne qui, par ses services d’écoute, d’intervention et de sensibilisation, contribue au mieux-être des personnes concernées par la diversité sexuelle et la pluralité des genres.

Recherche documentaire : Maxime Blanchette, Orfé Langois, Orlanne Adams et Kim Laflamme
Rédaction : Maxime Blanchette, Orfé Langois, Orlanne Adams et Kim Laflamme
Coordination : Maxime Blanchette

Dernière mise à jour: 2026-06-22