Treloar, C., Hopwood, M., Drysdale, K., Lea, T., Holt, M., Dowsett, G. W., Aggleton, P. et Bryant, J. (2021). Stigma as understood by key informants: A social ecological approach to gay and bisexual men's use of crystal methamphetamine for sex. International Journal of Drug Policy, 94, 103229.
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Dans cet article, les auteurs ont consulté plusieurs acteurs communautaires et de santé en Australie afin d’avoir une idée claire de la stigmatisation envers les hommes gais et bisexuels consommant du crystal meth, dans le but de déployer des efforts visant la réduction de cette stigmatisation. La recherche se base sur un modèle écologique social comprenant cinq niveaux : individuel, réseaux sexuels et sociaux, communautaire, politiques publiques et épidémique en contexte de VIH. Pour le niveau individuel, il a été rapporté que le crystal meth est utilisé par les hommes gais et bisexuels afin de diminuer les effets d’une stigmatisation intériorisée en lien avec l’orientation sexuelle, le statut VIH ou encore, la consommation de drogues injectables en soi. Ensuite, pour le niveau des réseaux sexuels et sociaux, l’article évoque que la stigmatisation s’explique en partie par une hiérarchie perçue entre les drogues. En effet, certaines substances, comme le crystal meth, franchiraient une limite morale, contrairement à d’autres substances ou modes de consommation. Cette stigmatisation entraînerait une division au sein de ces réseaux, entraînant donc une sous-communauté d’usagers de crystal meth. De plus, au niveau communautaire/organisationnel, l’article évoque que les services de santé sont perçus par les usagers comme étant peu accueillants et jugeants, rendant difficile l’ouverture des participants. Toutefois, l’article rapporte que l’approche par les pairs est un outil fort pertinent pour des interventions de réduction des méfaits. Pour ce qui est du niveau de politique publique, l’article mentionne que les campagnes médiatiques contre les drogues sont perçues comme étant peu utiles, moralisatrices, et renforcent l’exclusion. Les organismes communautaires éprouveraient un certain malaise à les contester, étant donné leur propre financement par le gouvernement. Finalement, le niveau épidémique relève que l’utilisation de crystal meth est plus prévalente chez les individus séropositifs, souvent en réponse à l’isolement et la stigmatisation. L’utilisation du modèle écologique social permet donc d’observer qu’il y a plusieurs niveaux de stigmatisation, tous interreliés. L’article souligne donc l’importance d’agir à tous ces différents niveaux avec des interventions efficaces, calquées sur la réalité des usagers et non stigmatisantes.