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Les troubles liés aux substances psychoactives : Prévalence des maladies induites par l’alcool et comorbidités physiques

Huỳnh C*, L’Espérance N, Khadraoui, L, Jutras-Aswad D, Fleury MJ, Kisely S, Lesage A, Massamba V. (2025). Les troubles liés aux substances psychoactives : Prévalence des maladies induites par l’alcool et comorbidités physiques. Québec, Québec : Institut national de santé publique du Québec. 29 pages. 

La coexistence d’un trouble lié aux substances (TLS) et d’une maladie physique peut mutuellement compliquer la présentation clinique, le traitement et le pronostic. Appréhender l’état de santé physique de la population ayant un TLS contribuera à mieux connaître cette population et mieux organiser ses soins de santé. Cette étude porte sur la prévalence annuelle des maladies physiques induites par l’alcool et des maladies physiques concomitantes aux TLS (excluant celles induites par l’alcool). 

Durant l’année financière 2021‑2022 au Québec : 

  • La prévalence annuelle de diagnostics de maladies physiques induites par l’alcool était de 1,0 ‰ (1 pour 1 000 individus) dans la population générale de 12 ans et plus. Elle était plus élevée chez les hommes (1,4 ‰) que chez les femmes (0,6 ‰). Ainsi, ce sont 2 560 Québécoises et 5 995 Québécois qui ont reçu au moins un diagnostic d’une maladie physique induite par l’alcool en 2021‑2022.
  • Les diagnostics de maladies physiques ont été significativement plus prévalents dans la population avec un TLS que dans celle sans TLS (87,1 % contre 61,9 %).
  • Les trois catégories de maladies physiques les plus prévalentes chez les personnes avec un TLS étaient :
    • les lésions traumatiques, les empoisonnements et les autres conséquences de causes externes, telles que la fracture du crâne, la fracture du bassin, les commotions cérébrales, les contusions, etc. (65,5 %);
    • les signes et symptômes non classés ailleurs, c’est-à-dire toute situation médicale qui ne constitue pas un diagnostic formel d’une maladie, comme la syncope, les convulsions, les anomalies de la démarche, la perte de poids anormale, la nausée, les résultats non spécifiques des examens d’urine, etc. (49,4 %);
    • les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques (32,2 %).
  • Tant chez les personnes ayant un TLS que chez celles sans ce diagnostic, les femmes ont une prévalence plus élevée pour toute maladie physique confondue en 2021‑2022.

Comparativement aux personnes sans TLS, celles avec un TLS avaient une prévalence plus élevée de diagnostics de COVID‑19 (6,4 fois), des maladies du sang et des organes hématopoïétiques (5,9 fois) ainsi que des maladies infectieuses excluant la COVID‑19 (4,5 fois).